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Tout et rien

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Traducción al francés de Todo y nada, nota de tapa de la MU 101. Sur un territoire où se rencontrent trois frontières, on ne trouvent, sans être enregistrés, qu’un seul policier et un seul médecin. Sur décision de la Commission Inter-américaine des Droits de l’Homme (CIDH), l’État Argentin dû reconnaître la propriété commune des terres wichis et criollos. Abandonnés et forcés à vivre sans rien, on entendit parler d’eux lorsque huit criollos furent accusés d’avoir violé une fille wichi handicapée. Pour la première fois, ils font entendre leur voix.

  1. Ici, se trouve la fin de tout. Nous sommes à la frontière nord, à la limite de l’imagination. Pourtant, c’est une pure réalité. La dernière route se trouve à 65 kilomètres et le bus oscille au rythme de la terre aride, croise de maigres lits de rivières et passe au milieu de bœufs affamés. Cette traversée dure six heures et son prix, élevé, en empêche l’accès à plus d’un. En conséquent le bus est quasiment vide, bien qu’il se dirige vers un village de 4500 habitants, toujours argentins. Je ne sais pas si c’est un voyage vers le passé ou le futur, mais c’est ainsi qu’est le présent : avec des traces des deux de toute part, en attirant même notre confusion.

Nous arrivons.
Nous sommes au Paraje Alto de la Sierra, triple frontière internationale et provinciale, village où une petite fille wichi, handicapée, fut violée par huit criollos.
Ce n’est pas uniquement cette histoire que je vais raconter.
C’est quelque chose de pire.
Je vais raconter l’histoire de tout ce qui peut se voir dans cette zone atroce.

  1. Tout d’abord, voyons où nous sommes. L’anthropologue John Palmer règle le GPS pour arriver à Alto la Sierra. Nous sommes à Tartagal, à 350 kilomètres de notre destination et à la seule table occupée du seul restaurant ouvert. Palmer nettoie de sa main la naRomerrelée rouge et blanc. Ce dernier décrit l’histoire de cet endroit comme vide. Dans les années 1910, arril’Églisees premiers pasteurs anglicans, anglais comme lui. Ils arrivèrent avec un Bible traduite en wichi. La relation entre les deux peuples fut intense – en 1975, l’Église anglicane nomma le premier évêque wichi – mais courte : elle prit fin en 1982 avec la guerre des Malouines. Les prêtres furent menacés par un certain Commandant, Antonio Rivero. En conséquent, environ 60 britanniques s’échapèrent en Bolivie en passant par cette frontière. Quand ils purent revenir, ils se retrouvèrent face à une communauté qui avait maintenu sa foi et son institution. Aujourd’hui, les caciques se disent toujours anglicans. En réalité, qu’est-ce que nous explique Palmer ? Premièrement, que nous nous dirigeons vers le dernier endroit d’Argentine apprivoisé par l’Occident. Ce n’est pas rien. Ensuite, qu’il s’agit d’une communauté qui embrassa une croyance « civilisatrice », plus respectueuse envers la diversité que la religion catholique.
  2. Vingt ans de batailles physiques et juridiques – y compris une condamnation de l’État Argentin par la CIDH – qui se terminèrent par un acte signé à deux reprises. Il fut signé une première fois, le 17 octobre 2007, par le gouverneur de l’époque Juan Carlos Romero, le conseiller des caciques de l’organisation wichi Lhaka Honhat, l’Organisation des Familles Criolles, l’Eglise anglicane de l’Argentine du Nord et l’OIT. Cet acte fut signé une seconde fois en janvier 2014 par l’actuel gouverneur Juan Manuel Urtubey ainsi que l’ancienne ministre Alicia Kirchner. Ainsi, la province de Salta déclara formellement 450 milles hectares propriété communautaire du peuple wichi habitant à Alto de Sierra. D’autres 253 milles hectares furent cédés aux criollos vivant là bas. Chaque territoire fut ainsi délimité. Cependant, la communauté doit établir quels wichis et criollos se localisent dans chaque zone. Qu’est ce que cela signifie ? Nous allons voir.
  3. Le 28 novembre dernier, une fille wichi fut violée par huit hommes criollos. L’affaire parut six mois après, lorsque la fille dut être soumise à une césarienne d’urgence en raison de l’acéphalie de son bébé. Le peu de passagers se trouvant dans le bus savent que nous sommes ici pour ça. Il n’est pas facile de distinguer les wichis des criollos.

Je demande à la femme à côté de moi comment arriver à la maison de l’évêque Asencio Pérez, porte d’entrée sur la communauté selon Palmer. « C’est elle la fille – signale la personne sur le siège d’en face –. Et moi je suis la mère de l’un des détenus ».

  1. Voici à quoi ressemble la terre où l’identité d’une enfant fut transformée jusqu’à aujourd’hui être considérée comme « La Wichi violée ». Pour arriver à la communauté, nous devons longer un étang. La frontière est marquée par l’hôpital et l’école. L’évêque Asencio vit au cœur du hameau. Il est malade. Ce jour là, il fut l’un des premiers à arriver. « Il était 9 heures du matin tout au plus. La jeune fille avait faim et s’en alla sur la colline manger les fruits du quebracho – arbre originaire d’Amérique du Sud. Deux autres filles, qui partirent acheter du pain, virent les criollos l’attraper. Ils les poursuivirent aussi, en vain. Lorsque la communauté l’apprit, nous fûmes tous ensemble à l’hôpital où nous vîmes les deux filles crier qu’elles les avaient vus. Ils avait bandé les yeux et la bouche de la pauvre enfant. Elle criait « I-ton-no, i-ton-no », traduit « ils m’ont traînée ».

L’anthropologue Palmer, témoin de la déclaration que la Wichi Violée fit quelques mois plus tard aux tribunaux de Tartagal, l’écouta répéter la même chose. Encore et encore. Ce fut la seule chose qu’elle dit.

  1. Monologue de l’évêque :

« J’aimerais que vous, premièrement, compreniez quelque chose : l’appel est toujours juste et nécessaire, toujours. Pourquoi ? Tout le monde sait que nous avons été exterminés, qu’on nous a tout pris. On est devenu sans papiers. Aujourd’hui, nous avons des papiers, nous sommes Argentins. Il y a des règles dans l’État Argentin et c’est pour cela que nous revendiquons les droits que nous avons mais que l’on ne nous donne pas. Par exemple, lors du cas de la petite fille violée, la justice ne fit pas son travail. Pourquoi ? Car elle fait partie du peuple indigène. Juste pour ça. Et c’est pour cela que nous faisons appel. À la justice et au monde. Il faut en finir. Ils jouent avec nous. Le tribunal s’est demandé s’il y avait eu viol. Comment peuvent-ils poser cette question ? Je suis évêque et je témoigne. J’ai parlé avec d’autres témoins qui m’ont dit l’avoir vu. Seulement, la justice n’a pas fait appel à ces témoignages. Pourquoi ? Car lorsque la nouvelle est sortie, ils l’expédièrent. Certains témoins sont mineurs et tous ne purent être entendus car ils ne parlent pas la même langue. Je me suis présenté pour les traduire, mais ma proposition fut refusée. Pourquoi ? Les filles ont témoigné. Cependant, ne parlant pas beaucoup de castillan et entourées par les forces de l’ordre, elles prirent peur. Les gens ont très peur de la police. Il faut que la justice l’entende, et qu’elle le comprenne. Avec cette agression sexuelle, nous réclamons justice. Le député Ramon Villa, après que nous l’y ayons poussé, présenta la situation. Vinrent également jusque ici les députés de la Commission des Droits de l’Homme. Nous réclamons la reconnaissance du viol mais également de toutes les autres injustices. Nous leur avons fait remarquer que lorsqu’un candidat politique fait campagne, il parle des droits à l’éducation, à la santé et à la sécurité. Mais où sont-ils ? Où est la sécurité ? La police ici ne comporte qu’un seul policier. Il n’a même pas de téléphone. Aujourd’hui avec cette histoire, ils nous ont fourni un téléphone. Mais nous en avions toujours demandé un sans jamais avoir eu de réponse positive. Une agression sexuelle et on en a un de suite. Pourquoi ? Car ils ont honte. Ils ont honte car cette histoire a été publiée par la presse. Et voilà l’injustice que nous vivons. La santé ? L’hôpital n’a qu’un seul médecin. Ce n’est pas possible. C’est un frère de Bolivie. Et comme vous le savez bien, un bolivien subit les mêmes discriminations que nous. Voici ce qu’il se passe. Regardez la communauté : nous avons l’électricité, un collège, un hôpital. Tout ça s’est gagné en se battant, tout ça est venu de nous même. Depuis des grèves de la faim sur la place de Salta, des recours à Buenos Aires et devant des juridictions internationales, en passant par les rejets, en refusant qu’ils nous divisent, nous sommes passés par tout ça. Nous ne faisons pas de discrimination. Nous sommes tous égaux ! Nous sommes des êtres humains. On peut très bien s’entendre en tant que tels. Cela est juste et nécessaire ».

  1. L’hôpital est constitué d’un spécialiste en nutrition et d’un médecin – Juan Carlos Limache Mamani – qui fait tout. Littéralement tout.

C’est son premier travail mais il n’a pas été enregistré.
C’est le premier que l’on appelle, il n’arrête pas.
Il a déjà fait trois déclarations pour attester de la violation de la fille. Le discréditer est une clé pour la défense des criollos, qui en use bien. Aujourd’hui, il aurait dû se présenter à nouveau devant les tribunaux de Tartagal, mais l’unique véhicule disponible, l’ambulance, ne fonctionne pas.
Le docteur Limache raconte qu’il fut accepté à l’université de Chuquisaca, que sa cousine suivit une spécialité à l’hôpital Garraham et que ce fut elle qui l’encouragea à se présenter pour le poste vacant à Alto la Sierra. Il a été jusque là bas pour l’obtenir. Quarante-huit heures après, il était déjà en charge tout. « La seule chose qu’ils me dirent fut : tu ne peux rien signer ». Cette restriction allait jusqu’à son contrat : il commença à travailler en septembre dernier sans papier formalisant ses responsabilités. Depuis, il travaille 16 heures par jour pour 22.500 pesos mensuels (environ 1365 euros). Il reçut son salaire de septembre en mai, lorsqu’il fut nommé « Médecin d’urgence en zone défavorable ». Les quatre autres mois ne lui ont toujours pas été payés.

  1. C’est ainsi que le Docteur Limache raconte le jour de l’horreur : « Quand on m’a averti qu’une petite fille gisait sur le sol, je me suis rendu sur place. Je demandai : que s’est-il passé ici ? Cette fille fut victime d’un abus sexuel. Je vis qu’elle allait mal, repliée sur elle-même, alors je l’amenai là bas. Je l’examinai et trouvai une déchirure périnéale, des aménorrhées (sang vaginal) et une douleur abdominale intense, que je ne pouvais arrêter. Je ne pouvais pas la laisser comme ça. Je lui administrai un analgésique. On m’informa alors que le médecin légal allait arriver. Je ne pus rien faire de plus. Si on ne m’avait pas dit que le médecin légal arriverait, j’aurais pu lui faire un test de grossesse, réaliser des prélèvements pour le laboratoire ainsi que des analyses. Mais tout ça m’échappa des mains ».

Le médecin légiste n’arriva jamais.
Quatre jours plus tard, à 5 heures du matin, un officier se rendit à la maison de la petite fille avec pour ordre de la transférer à Aguaray. Sa mère l’accompagna. Une fois là bas, deux médecins l’examinèrent.
Francisca, sa mère, me raconta ensuite qu’elle pouvait entendre les cris de sa fille depuis le couloir et qu’après une longue attente elle put enfin s’adresser à une doctoresse. Cette dernière lui affirma qu’il y avait eu viol. Pourtant, le médecin légiste informa le Docteur Limache du fait qu’il n’avait pu le constater. La petite fille s’était baignée, plusieurs jours avaient passé, il était devenu difficile de l’interroger. « Selon ses papiers elle a 12 ans, mais souffrant d’un retard de maturité, elle se comporte comme une enfant de 6 ans », nous expliqua le Docteur Limache.
C’est alors que les criollos, qui avaient été arrêtés pour l’agression, furent libérés avec l’obligation de se présenter chaque vendredi au poste de police d’Alto la Sierra. Il semblait que c’était tout ce que la communauté wichi pouvait espérer de la justice.
Des mois plus tard, le Docteur Limache reçut l’enfant. « Elle soufrait de gênes stomacales, sa mère craignait le pire. Nous le confirmions : elle était enceinte ». Je calculai qu’elle en était déjà à 20 semaines, ce qui était supérieur à la limite légale pour pratiquer un avortement. Nous ne pouvions plus que réaliser des contrôles de façon régulière.
Deux mois passèrent, et arriva l’inattendu : les médecins de la fondation Culture Native, créée par le chanteur folklore Jorge Rojas, arrivèrent à la communauté et s’installèrent à l’école afin de pratiquer des consultations. Jusque là, les consultations concernaient uniquement Francisca et sa fille.
Ils lui firent une échographie (le Docteur Limache disaient : « l’appareil était à l’hôpital mais je ne savais pas l’utiliser »).
Ils diagnostiquèrent un sérieux risque et ordonnèrent une césarienne d’urgence.
Ils diffusèrent tout ce que l’enfant avait supporté.
Avec la nouvelle transmise par les journaux nationaux, les choses s’accélérèrent. Un hélicoptère fut envoyé pour transférer la fille et sa mère à l’Hôpital de santé Maternelle et Infantile de Salta. Francisca raconta plus tard qu’on lui montra le fœtus mort. Il était entièrement formé, mais on pouvait voir une entaille au niveau de la bouche et de la tête.
Je répéta tout cela au Docteur Limache : la succession d’impuissance, précarité et lacunes. Je lui demandai si tout cela n’avait pas été monté de sorte à rendre impossible l’enquête concernant une plainte pour violence sexuelle. Il répondit sans le moindre doute : « Exactement. Et ici, elle n’est pas la seule dans ce cas. Il y en a d’autres. Depuis mon arrivée, je me suis occupé de soixante grossesses, dont beaucoup de petites filles et sans père. De plus si je leur demandais qui était le père, aucune ne voulait répondre. Elles ont peur. C’est une boîte de Pandore : si l’une d’entre elles parle, toutes commenceront à faire de même. Et c’est ainsi que l’on va commencer à se rendre compte de ce qu’il se passe ici ».
Il me dit plus tard qu’il se sentait menacé, raison pour laquelle il ne sortait jamais de l’hôpital. « Je consulte et dors ici jusqu’à ce que tout cela s’estompe ».

  1. Dans la cour de l’école primaire, l’on danse pour le carnaval. Y travaille Julio Diaz, président de la communauté wichi Choway, enseignant bilingue et pasteur anglican. Son regard porte au loin. Il raconte comment il entendit, par les chaînes nationales, la – alors – présidente Cristina Fernandez de Kirchner dire qu’à Alto la Sierra on avait construit un complexe sportif. « Vous le voyez vous ? Il n’y en a pas. L’argent a été envoyé, mais il s’est perdu en chemin ». Il y a deux mois, il vit arriver le président Mauricio Macri à la municipalité de Victoria – de laquelle dépend sa communauté –. Celui-ci était accompagné du gouverneur Juan Manuel Urtubey ainsi que de la Ministre de la sécurité, Patricia Bullrich, afin d’annoncer un ambitieux plan de sécurité. L’objectif : la lutte contre le narcotrafic. « Que voyez vous ? ». On ne voit que de l’absurdité : une zone de triple-frontière, et un seul policier.
  2. Dans la maison de brique molle et de foin de l’enfant, se trouvent aujourd’hui des tas de briques solides et de tôles. Ils furent déposés hier. Francisca ne sait lequel de tous les organismes de l’État se déchargea ainsi de toute culpabilité. Il fallut passer par tout ça, me dit-elle, pour qu’elle soit informée qu’elle avait droit à une aide sociale pour avoir neufs fils et une fille – celle-ci handicapée. Il fallut passer par tout ça pour qu’elle sache que sa fille souffrait d’épilepsie et qu’on lui fournisse un traitement adéquat. Il fallait la voir. L’image m’est restée en tête : une petite fille, sur une couchette, se suçant le pouce en dormant.
  3. La Cour Suprême de Salta demanda la jugement politique du juge et du procureur qui étaient en charge de l’affaire jusqu’à sa libération par les médias. De plus, elle désigna un autre procureur et ordonna la détention des criollos. Trois d’entre eux, mineurs, furent remis en liberté jusqu’au jugement. Un autre, en fuite, est recherché et les quatre autres sont en détention dans les lieux différents. Les mères, pères et frères de ces criollos sont aujourd’hui en face de moi, me racontant comment ils furent battus en prison. L’une d’entre elles m’explique que son fils était au travail ce jour là. Les autres me clamèrent que les leurs étaient à la maison. Elles en vinrent à me dire que la petite wichi seraient, en réalité, une adulte au comportement douteux. Je compris récemment pourquoi Francisca m’avait dit cela : « On peut raconter beaucoup de choses avec des mots. Ce qu’il faut, c’est voir par soi-même ». Elle me conduit ensuite jusqu’au lit de sa fille.
  4. À 2 heures du matin, alors qu’Alto la Sierra était au plus sombre, nous prîmes le bus qui nous déposa à Tartagal dans la matinée. Nous sommes à la seule pâtisserie de la seule place. Arrive alors l’avocate de la défense, des criollos, Sarah Esper, une tornade qui sourit dès lors qu’on la présente comme la filleule artistique du folklore El Chaqueño Palavecino. Elle salua d’une bise les hommes occupant la table voisine. Celui qui la félicite est conseiller. L’avocate le félicite : « vous êtes du bon côté ». Nous marchons ensuite ensemble jusqu’au tribunal. En chemin elle nous raconte qu’elle se rend là bas afin de contester et bloquer le dispositif mis en place pour le nouveau procureur. Voici son plan : réaliser une investigation sur le lieux des faits, recueillir les témoignages sur place car les transferts sont coûteux, et réaliser les prélèvements ADN sur le fœtus. Que signifie tout ça ? Tout d’abord, faire en sorte que les preuves ne puissent être récupérées ne correspond pas à une défense de personnes innocentes. Ensuite cela décrit la situation actuelle : l’avocate a utilisé les médias pour questionner la victime, semer des doutes sur son âge, son comportement sexuel et sur l’origine de sa grossesse. C’est ce qui lui valut les félicitations du conseiller. Enfin, elle anticipe ce qui est à venir : un résumé rempli de recours qui retardent l’arrivée au jugement oral. En attendant, à la maison de La Wichi violée, on reçoit des briques et des tôles
  5. Sur la table, il y a du maïs, du riz, du poulet et des brocolis. Il y a aussi cinq enfants et un bébé. Tous prononcent des mots dans trois langues différentes : castillan, anglais et wichi. Voici la famille de l’anthropologue britannique John Palmer et de la belle wichi Tojweya. On partage le déjeuner ainsi que notre voyage à Alto la Sierra. « On pourrait savoir ce qu’il s’est réellement passé ? », nous demande Palmer. « On sait déjà tous quelque chose », dis-je, sans penser à la porte que je venais d’entrouvrir. « Nous savons que cette fillette va devoir affronter les démons de toute une société ». Tpojewa se mit alors à parler wichi. John m’expliqua qu’elle souhaitait me raconter quelque chose dans sa langue afin de pouvoir mieux s’exprimer.
  6. Monologue d’une femme wichi :

«  Je souhaite te raconter l’histoire de Cordelia. Cordelia était mon amie ainsi que l’amie de tous. Elle aimait se promenait seule sur la colline. Elle aimait cela car elle ne se sentait jamais seule là bas et qu’elle avait besoin de compagnie. Elle se mettait deux doigts dans la bouche afin d’imiter le cri de l’oiseau. Nous l’écoutions toutes, et allions courir sur la colline avec elle. Un jour, des criollos arrivèrent à la communauté pour acheter des animaux. Ils restèrent plusieurs jours car les animaux étaient en liberté. Ils devaient donc les chercher et les charger dans le camion. Pendant cette période, Cordelia disparût. Alors que nous la cherchions tous, son frère la trouva. Ses mains étaient liées, de même que ses jambes, elles en position ouvertes. Ils lui avaient mis un t-shirt dans la bouche et l’avaient violée. Se mettant deux doigts dans la bouche et sifflant, elle les avaient appelés : venez me violer ».

  1. Je comprends donc.

Je comprends l’image de liberté que représente Cordelia se promenant seule, insouciante sur la colline.
Je comprends toutes les femmes qui, depuis le viol systématique de toutes ces Cordelias, ont peur de se balader seule.
Je comprends ce qu’il se passe et pourquoi.
Et c’est ainsi que cette histoire fut ramenée à ces deux doigts dans la bouche.
Vous entendez ?
La Wichi violée nous appelle.
Nous sommes toutes la petite wichi.
Traducción: Alicia Barotte

#NiUnaMás

Hoy es el día para luchar contra las violencias, y mañana también

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Este informe del Observatorio Lucía Pérez dimensiona la cartografía de la violencia patriarcal, con la esperanza de encontrar una forma de prevenirla y erradicarla. Los pies en la calle contra las violencias. Y lo que hay que cuidar: la vida. 

300 femicidios y travesticidios: uno cada 26 horas
339 marchas para exigir justicia: una por día
211 infancias huérfanas: no hay forma de dimensionar lo que esto significa.
En los padrones públicos y de libre acceso de nuestro Observatorio podés encontrar toda la información que hay detrás de estos números. Está actualizada diariamente e incluye hasta la fuente de donde surgen los datos, que permanentemente chequeamos y renovamos caso por caso. En total, el padrón de femicidios y travesticidios ya suma 4.177.
También llevamos padrones públicos de tentativas de femicidios, desaparecidas, violaciones, denuncias registradas por provincia y funcionarios denunciados por violencia de género.
Día a día y desde hace más de una década bordamos así esta cartografía de la violencia patriarcal con la esperanza de encontrar una forma de prevenirla y erradicarla.
Periódicamente junto a las familias víctimas de estas violencia analizamos lo que esta información representa hasta descubrir algunas claves. Por ejemplo, aprendimos a diferenciar los femicidios y travesticidios generados por las violencias parentales de aquellos generados por la impunidad territorial, donde el dominio narco genera las condiciones necesarias para arrasar con la vida de mujeres y trans. El ejemplo más cruel es Rosario, que este año ya suma 50 mujeres asesinadas por una violencia territorial que cuenta con la necesaria complicidad de policías y servicios penitenciarios, es decir el Estado. Obtener justicia en estas condiciones es algo negado de por sí y precisamente por ello, lo que alienta la continuidad de estos crímenes.
La forma de construir justicia, entonces, sigue siendo la que nos legaron Madres y Abuelas: con los pies en la calle. Los datos son claros: este año hubo una marcha por día gritando “Ni una más”.
Lo que representan estas movilizaciones que sacuden las periferias en todo el país no es fácil percibirlo desde la centralidad porteña, capturada por la parálisis y el vaciamiento que los kioscos de género ejercen sobre el movimiento para contenerlo y disciplinarlo. Advertimos entonces: cuidado con “los cuidados”. Con esa etiqueta se vienen ahora los recursos, los discursos y los programas que pretenden catalizar las energías sociales hacia tareas de reparación de lo que precisamente el sistema enferma y rompe.
Nosotras no vamos a cuidar este sistema.
Nosotras no vamos a sanarlo, ni a alimentarlo ni a criarlo.
Nosotras vamos a sacudirlo hasta que caiga.
Y lo vamos a hacer bailando, gritando y conspirando el 25 de noviembre, día internacional de lucha contra la violencia patriarcal, y también al día siguiente, y al siguiente, y más.
Nosotras nos organizamos y reunimos para cuidar lo que hoy está en riesgo: la vida.

Los padrones públicos y de libre acceso se pueden ver en www.observatorioluciaperez.org

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#NiUnaMás

Violencia e impunidad: el círculo que denuncian las familias víctimas de femicidios

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Familiares víctimas de femicidios, transfemicidios y desapariciones de todo el país realizaron colectivamente la declaración que compartimos de manera completa en esta nota. Lo que denuncian: «El círculo de la violencia no termina cuando ocurre el femicidio». La vulneración constante del derecho de acceso a la justicia, las situaciones que se repiten en todos los territorios y un llamado a todas las familias de víctimas y sobrevivientes a organizarse  para desarmar la impunidad que garantiza que la violencia siga existiendo. 

Noviembre 2022
Argentina

Declaración de la Asamblea nacional de familias víctimas de femicidios y desapariciones

¡¡No hay justicia porque no tenemos garantizado el derecho de acceso a la justicia!!

Los familiares víctimas de femicidios, transfemicidios, desapariciones hoy denunciamos de cara el 25 de noviembre, Día Internacional contra la Violencia hacia las Mujeres, la situación terrible que vivimos. El circulo de la violencia no termina cuando ocurre el femicidio. La misma Justicia, las fuerzas policiales y el Estado, que no toman denuncias, o que si lo hacen no garantizan el resguardo de quienes denuncian, continúan violentando a las familias que luchan por justicia. A lo largo y ancho del país los relatos se repiten una y otra vez. La enorme mayoría de los procesos judiciales se encuentran para las víctimas en su más completa impunidad. Los femicidas, abusadores y violentos de nuestras hijas, hermanas, sobrinas, madres siguen en libertad. Soportamos un gran dolor de tener que perder a nuestros seres queridos y tenemos que investigar nosotros, presentar pruebas, golpear puertas, exponernos ante violentos y mafiosos porque sea cual sea la fiscalía de turno, nada hacen. En desapariciones y asesinatos relacionados con las distintas mafias de los territorios, la impunidad es todavía peor. Sabemos perfectamente que son cómplices y beneficiarios de los negocios ilegales. Es repetitivo en cada una de estás causas la falta de acceso a la justicia, la impunidad y el accionar del poder judicial. No sólo no investigan, sino que además intentan ensuciar la memoria de nuestras hijas, responsabilizando a ellas y a sus familias de haberse buscado su destino. En varios momentos, tenemos que soportar que los propios jueces nos denuncien a nosotros de violentos por ir a exigir explicaciones y pedir justicia, y hasta nos han reprimido con la policía. En este tipo de causas las familias tenemos que sacar de nuestros bolsillos y movernos para conseguir por ejemplo peritos de parte, ya que los peritos del poder judicial fallan a favor de los femicidas y abusadores garantizando la impunidad. Los costos elevados de las tasas al llegar a instancia de Corte Suprema también nos imposibilita acceder a la justicia. Cómo siempre tenemos que hacerles recordar a través de escritos al poder judicial nuestra ley de víctimas, donde casi siempre es denegada y violentando nuevamente nuestros derechos, haciéndonos imposible hacer justicia por nuestras hijas. Somos familias trabajadoras, de barrios humildes, que tenemos salarios por debajo de la canasta familiar, por lo que dejamos de comer cuando tenemos que solventar todos estos costos ¿Sabe la población que para acceder a un juicio en la Corte Suprema hay que pagar $300.000?

Las leyes, como la Ley de Víctimas o la Ley Micaela, son solo cuadros de decoración en las oficinas de las instituciones gubernamentales. Incluso en los distintos ministerios y secretarías de mujeres, que no dan salida alguna a los reclamos que elevamos. Cada vez que trabajan en un expediente, no tienen en cuenta que allí no hay solo papeles, que hay una vida que arrebataron de la peor manera, violentamente, pasando por las peores vejaciones y que detrás estamos las familias que sólo quieren verdad y justicia.

Ponemos en alerta a todas las familias de este país porque la violencia contra mujeres y niñas no va a frenar mientras siga existiendo este régimen de impunidad. Si te matan o desapareces y no pasa nada, nadie va preso, a nadie investigan, nadie te busca. Y si se sale a reclamar, el poder judicial vuelve a violentarnos, una y otra vez, la violencia contra nuestras víctimas nunca frena.

Es por esto que llamamos a todas las familias de víctimas y sobrevivientes a organizarse. No existe ninguna otra forma de conseguir justicia por nuestras víctimas sino es luchando. La Justicia nos invisibiliza para que no se sepa la terrible situación que se está viviendo, por eso convocamos a una gran jornada de lucha para este 25 de noviembre. Necesitamos que todas las personas, personalidades y organizaciones nos ayuden a visibilizar lo que está pasando con las causas. En todo el país tenemos que levantarnos y realizar una acción común, organizando y visibilizando nuestra situación en todas las provincias, donde nuestros reclamos estén en las primeras líneas. Queremos tomar la palabra para contar lo que pasa porque tenemos una agenda urgente. No solo de instancias judiciales cercanas muy importantes, sino que hay compañeras desaparecidas en este mismo momento que tenemos que encontrar ya.

Saludamos al gran movimiento de mujeres que nos ha dado el único respaldo que hemos tenido. Las familias nos hemos puesto de pie y no vamos a aceptar más impunidad. Convocamos a que demos esta lucha en unidad, con toda la fuerza.

Asamblea nacional de familias víctimas de femicidios y desapariciones

Silvana Capello, mamá de Agustina Fernandez, asesinada el 2/7/2022 en Cipolletti, Rio Negro, en un supuesto robo. El único testigo, supuesto amigo, la dejó tirada, aún no hay nadie detenido. Ella viajó desde La Pampa a Cipolletti a estudiar medicina por un futuro y me la devolvieron en un cajón.

Jose, papá de Alejandra Nahir Álvarez, asesinada el 10/10/2020 en Jujuy. Tenía 17 años y un bebé de 6 meses.

Oscar, papá de Barbara Zabala, asesinada el 6/12/2019, el día que cumplía 20 años en Pehuajó, Buenos Aires. El femicida, Brian David Dirassar, fue condenado a prisión perpetua.

Matilde Peñalva, mamá de Camila Peñalva, asesinada el 5/3/2020 en Jujuy. Fue envenenada con plaguicida por su ex pareja. Está detenido y esperamos prisión perpetua. Hay fecha de juicio oral para febrero y marzo del 2023.

Victor Catan, hermano de Micaela Catan, asesinada quemada el 6/4/2020 por su concubino Patricio Orellana en Santiago del Estero. El transfemicida fue demorado por 20 minutos, cuando sucedió el hecho hizo abandono de persona, pido orden de detención para Orellana.

Susana Basaldua, mamá de Cecilia Gisela Basaldua, desaparecida el 5/4/2020. Su cuerpo fue encontrado el 25/4/2020, en Capilla del Monte, Córdoba. En el juicio se acusó a una persona sin pruebas, el jurado lo absolvió. La familia pide un nuevo juicio que investigue a los verdaderos responsables.

Analía, mamá de Camila Flores, asesinada el 11/12/2020. Su asesino sigue libre. Pedimos que la justicia de Santa Fe actúe y dejen de cubrir asesinos, y que el gobierno nos de apoyo porque estamos a 1000 kilómetros del lugar del femicidio y no contamos con los medios para tener un abogado que nos ayude y logre hacer justicia para nuestra hija. Que no quede en suicidio porque a Camila la mataron, ella no se mato, ella quería volver a su casa.

Marta, mamá de Lucía Pérez, asesinada el 8/10/2016 en Mar del Plata, Buenos Aires por Matías Farías y Juan Pablo Offidani. En el juicio fueron condenados por venta de droga y no por femicidio. Se logró la anulación de ese juicio y se impulsó un jury a los jueces que pretendieron consagrar la impunidad. El nuevo juicio comenzará el 7 de febrero de 2022.

Fabiana Morón, mamá de Julieta del Pino, asesinada por Cristian Romero el 25/7/2020 en Berabevú, Santa Fe. Fue golpeada, estrangulada hasta matarla, arrastrada y enterrada en un pozo en el patio de su casa con cal, tierra, losa de cemento y un tanque de agua arriba. Luego a la mañana se fue a trabajar con el hermano de Julieta como si nada, mientras toda mi familia la buscaba. El asesino fue condenado a prisión perpetua.

Noemi, mamá de Lia Vasquez, asesinada el 13/11/2020 en Puerto Madryn, Chubut. Tenía 14 años. Se espera la fecha de juicio para Gabriel Orellana, de 22 años.

Fany Roman, mamá de Valeria López, desaparecida desde el 26/1/2020 en Virreyes, Buenos Aires. En el momento de su desaparición tenía 40 años y dos hijos varones de 17 y 23 años. La causa se caratuló como “averiguación de paradero”, su familia exige que se cambie a“desaparición forzada”.

Marisa y Facundo, mamá y papá de Luna Ortiz, asesinada el 3/6/17 en Tigre, Buenos Aires. El único detenido fue liberado en mayo de 2022. Su familia aun sigue en busca de justicia por que se reconozca el femicidio.

Esperanza Valdivieso, madre de Yesica Valdivieso, asesinada el 5/1/2021 en Mayor Buratovich, Buenos Aires. El femicida Juan Torrejón Huallpa fue condenado a prisión perpetua.

Graciela Altamirano, tía de Viviana Altamirano, desaparecida desde el 28/4/2004 en Tigre, Buenos Aires. El sospechoso, 16 años después, en 2020, asesinó a su esposa y se suicidó.

Lisette Fernandez, hermana de Mica e hija de Nancy Fernandez, asesinadas en 2013 y 2014, en Tigre, Buenos Aires. El femicida está preso, pero solamente por narcotráfico.

Monica, mamá de Iara Rueda, desaparecida el 24/9/2020, luego de que un compañero del colegio la citara para entregarle unos materiales y la tarea. La familia salió a buscarla desde un primer momento mientras la policía ponía excusas y no la buscaba. Los rastrillajes llegaron recién después de una pueblada en Palpalá, Jujuy. Su cuerpo fue encontrado el 28/9/2020 en un lugar donde los vecinos habían rastrillado días antes, luego de un llamativo apagón en todo el pueblo. Por su femicidio se encuentran detenidos Raúl Arnaldo Cachizumba y Mauricio Esteban Abad, y hay involucrado un menor de 17 años. La familia realizó a su vez una denuncia a funcionarios por incumplimiento de deberes.

Roxana y Alfredo, mamá y papá de Carla Barrera Soggiu. Tenía 28 años, 2 hijos en ese momento de 2 y 4 años. Murió el 15/01/19, la encontraron en el Riachuelo, en CABA, cuatro días después. Sufrió violencia de género por parte de su marido Sergio Nicolas Fuentes, condenado a 6 años por golpearla, violarla, atarla y privarla de su libertad. Carla tenía hidrocefalia, tenía una válvula en su cabeza donde fue salvajemente golpeada. Por considerar la situación de alto riesgo le dieron un botón antipánico que activó en varias oportunidades y no la encontraron porque el GPS no funcionaba, no la localizaba. El Estado también es responsable.

Blanca Osan, mamá de Agustina Fredes, quien murió en Mar del Plata, Buenos Aires, el 23/4/2017, meses después de ser violada y torturada física y psicológicamente por su ex pareja. cuando tenía 18 años. Agustina estaba embarazada como consecuencia de estas violaciones. Le realizaron una cesárea donde le extrajeron el bebé, también el vaciamiento de su útero y ovarios. El 23/04/2017, su familia la llevó desvanecida al hospital Materno Infantil de Mar del Plata, pero luego fue trasladada al H.I.G.A. Allí, les informan que por la demora del traslado y la falta de oxígeno Agustina tenía muerte cerebral. El informe de las autoridades establece que Agustina falleció por embarazo ectópico. Cuando la familia pidió que se realizara una autopsia, les fue negada. El jefe policial que estaba encargado de la investigación de su muerte es familiar de Acevedo, su violador. Por las denuncias que Agustina había realizado, Matías José Acevedo fue llevado a juicio y condenado a 15 años de prisión por abuso sexual con acceso carnal en un contexto de violencia de género. Su familia denuncia que fue femicidio.

Mariela Tacacho, mamá de Paola Tacacho, asesinada el 30/10/2020 por Mauricio Parada, en Tucumán, luego de haber hecho 15 denuncias en su contra entre 2015 y 2020. La última fue en mayo del mismo año que la asesinó.El femicida la apuñaló y se suicidó. Por su actuación en las denuncias que había hecho se destituyó al juez Juan Francisco Pisa considerando que incumplió con los deberes a su cargo.

Ana, tía de Priscila Martinez, desaparecida el 23/02/2020, había sido llevada de manera engañosa por su tío Ruben Oscar Navarro. Desde ese momento la policía no quiso actuar, no querían tomar la denuncia porque garantizaban que ella volvería. Ese mismo día Priscila estaba muerta, violada, golpeada. La familia y vecinos empezamos a hacer la búsqueda por nuestros propios medios. Fue encontrada debajo de la cama del asesino el 15/04/2020 en Santiago del Estero. Tenía 15 años. Ahora esperamos el juicio.

Leticia Escobar, mamá de Gisela Grispi, asesinada en 23/11/2020 en Colón, Entre Ríos. El femicida Heraldo Martiarena fue condenado a prisión perpetua.

Erica Rojas, mamá de Andrea Rojas, víctima de una violación en grupo de hijos del poder en Burruyacú, Tucumán. Los familiares de los acusados no dejan de hostigar y amenazar a la denunciante y su círculo íntimo.

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Hebe en la plaza: jueves de ceniza

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Cinco de las seis integrantes vivas de la Asociación Madres de Plaza de Mayo, con sus pañuelos blancos, inclinadas hacia el césped y cubiertas por paraguas que oficiaban como sombrillas ante los 31º de calor, enterraron este jueves las cenizas de Hebe de Bonafini junto a la Pirámide de Mayo en su cara norte, la que exhibe el Escudo Nacional.

Mujeres cuyos nombres casi no se conocen fuera de la Asociación: Visitación de Loyola, Josefa de Fiore, Irene de Chueque (de la filial Tucumán), Sara Mrad y Carmen Arias. No pudo llegar, desde Mendoza, María Domínguez.

Alrededor del enrejado había una multitud tal vez inesperada que ocupó abigarradamente gran parte del lugar. Su canto recurrente fue el histórico: “Madres de la Plaza, el pueblo las abraza”. Revoloteando cerca de la pirámide como moscardones con hélices había al menos unos ocho drones tomando imágenes del entierro de las cenizas de Hebe.

Luego las Madres (dos de ellas en silla de ruedas) fueron llevadas en una camioneta hacia un costado, se bajaron, e iniciaron la ronda número 2.328, esta vez no alrededor de la Pirámide como cada jueves a las 15.30 sino de toda la Plaza.

Con tanta cantidad de gente la movida no fue muy organizada. Alguien diagnosticó, con cara de saber: “Mucho inorgánico, no tienen experiencia”.

Esa “falta de experiencia” se reflejaba en las lágrimas. En gritos como “gracias Hebe”. En gente muy humilde mezclándose con funcionarios y militantes, o refrescándose en las fuentes, según un linaje que proviene de ciertos octubres. Se percibía también en las miradas de asombro ante lo que ocurría alrededor. La inorganicidad fue justamente una de las cosas más emocionantes de esta marcha que no fue la fiesta que Hebe había propuesto: “El día que yo me muera no tienen que llorar, tienen que bailar, tienen que cantar, hacer una fiesta en la plaza». Tal vez quede para más adelante.

Sobre las rejas había carteles escritos a mano como “Gracias Hebe” y “Amor con amor se paga”. Otra canción histórica: “Olé olá, como a los nazis les va a pasar, a donde vayan los iremos a buscar”. En un segundo círculo alrededor de la Pirámide se veían las banderas de sindicatos y organizaciones sociales que acompañaron el acto.

Las Madres hablaron luego, muy brevemente, agradeciendo a Hebe por todo lo hecho.

Carmen contó: «Una vez le dije: ‘yo no soy Hebe’, y ella me contestó: ‘claro, vos tenés que ser Carmen'». Visitación (la mayor del grupo, 98 años) dijo: «Hebe me jugó sucio. Yo era la que tenía que irme primero. Pero bueno, los quiero mucho» dijo a la multitud.

Del otro lado de la plaza había otra Madre, de la Línea Fundadora, Nora Cortiñas. Ambas partes de Madres (la Asociación y Línea Fundadora) quedaron acérrimamente separadas desde fines de los 80. Nora, emblema histórico de la causa de los derechos humanos pasados y presentes, fue la única integrante de Línea Fundadora este jueves, y leyó como siempre los nombres de varios de los desaparecidos recibiendo la clásica respuesta, «Presente», antes de retirarse.

El lugar (donde se ve la sombra) en el que se enterraron las cenizas de Hebe de Bonafini. Fotos: Lina Etchesuri para lavaca

¿A dónde habrá ido Hebe?

Las cenizas –que quedaron bajo el césped junto a un rosario que le regaló el Papa Francisco– desenterraron un recuerdo de una charla de Hebe con lavaca. Era 2008. Su mirada era más clara y penetrante que nunca porque poco antes había dejado de usar lentes tras una operación de cataratas. Estábamos en su oficina, adelantó la cabeza sobre el escritorio como para contar un secreto y dijo:

–No le tengo miedo a la muerte porque ya hice todo lo que quise en mi vida. Me pasó de todo, pude putear, insultar y abrir la boca para cualquier cosa. Me pegan, y más fuerte pego.

En otra ocasión, como estaba haciendo sus programas en Radio de las Madres, explicó:

–Si un día de estos me voy, capaz que consigo algún mecanismo para hacer el programa desde arriba. O desde abajo, andá a saber a dónde me mandarán.

Después de decir esas cosas había dos reacciones de Hebe: una sonrisa entre inocente y cómplice, o una risotada sísmica.

Los que crean en asuntos del más allá soñarán con que Hebe de Bonafini haga su programa o cualquier otra cosa desde algún paraíso (de hecho allí la imaginaron los Curas en opción por los pobres al hablar durante el acto en la Plaza). En la grieta, habrá quienes crean que Hebe solo se merece hospedaje en los sótanos infernales, mientras ella se reía con esas cosas.

Como cunden toda clase de biografías, aquí van solo algunos apuntes a partir de las notas, entrevistas y experiencias de lavaca con ella, que tal vez brinden ciertas perspectivas y pistas sobre su forma de actuar, o que tal vez sean apenas un humilde e inorgánico intento de despedida.

La fuente de la Plaza de Mayo. Jueves 24 de noviembre, con el linaje de antiguos octubres. Fotos: Lina Etchesuri para lavaca.

La oficina en la plaza

Hebe invitó a lavaca, también en 2008, a la primera visita que las Madres hicieron al Liceo Naval de la Ex Esma, que les fue cedido por el Estado. “Ahora estamos acá, y vamos a llenar esto de vida. No vamos a poner un museo. Para museo estamos nosotras que somo viejas. Acá vamos a poner un centro cultural para que haya creación vida (así nacía el Espacio Cultural Nuestros Hijos-ECuNHi). Pero llegamos a esto por más de 30 años de lucha en la calle. Ése es el verdadero lugar”.

¿Por qué la calle es el verdadero lugar? “Porque la calle te iguala, es lo más liberador. La calle, la plaza, hacer las cosas públicas”.

Brindó entonces lo que puede tomarse como una explicación de por qué se crearon las Madres como organización autónoma en 1977, en lugar de incorporarse a organismos ya existentes:

“Nosotras íbamos a los organismos de derechos humanos, y había que esperar que te atendieran. Te atendían, y había un escritorio en el medio. En la plaza no había que esperar a nadie: te tomabas de los brazos y empezabas a caminar. O hablabas. O pensábamos juntas qué hacer, y lo hacíamos. Empezó lo colectivo. Era el único lugar donde nos sentíamos iguales, y libres. Allí pudimos comunicarnos con la gente, pudimos denunciar”.

No hubieran podido alquilar una oficina, ni pensaron en hacerlo. La oficina era la plaza, y al proponerle esa imagen, ella dijo: “En la plaza no hay puerta para entrar ni para salir, como hay en las oficinas, en los comités y en los juzgados. En la plaza no hay timbre para tocar. Y el techo es el cielo: no tenés techo. Todo lo que ponés es tu cuerpo. Para mí en la calle se decide la lucha, se decide la libertad, se decide la justicia. Ningún pueblo se libera yendo a las oficinas ni a los tribunales”.

¿La calle es el lugar de la democracia?

Respuesta en modo Hebe: “¿De qué democracia hablamos? Yo me hago buches con esa palabra. Si hablamos de democracia participativa, de que la gente sea feliz, de que no haya ni un chico con hambre, entiendo. Pero mientras sea un sistema representativo, no es democracia. A mí no me representan tipos como Balestrini (Alberto, entonces diputado y dirigente del PJ bonaerense, ya fallecido), ni los que están en el Congreso, que sigue siendo una porquería”.

Las Madres en ronda alrededor de la Plaza . Fotos: Lina Etchesuri para lavaca.


¿Por qué no los padres?

Aquella vez Hebe se declaró hincha de Gimnasia y Esgrima de La Plata. Su marido, Humberto Toto Bonafini era mecánico y llegó a jugar de wing izquierdo en la tercera división de ese club. “Muy gambeteador. Yo lavaba las camisetas, y él me ayudaba con los chicos, y lavaba los pañales”. Los  pañales blancos de tela, cuando no existían los descartables, serían luego el primer símbolo que las Madres usaron para reconocerse en la calle, entre la multitud, en una movilización juvenil a Luján en octubre de 1977.

“Azucena (Villaflor de Devincenti) y Esther (Ballestrino de Careaga) no los querían usar, decían que parecíamos monjas, pero al final los pañuelos quedaron”. Se convirtieron en uno de los grandes símbolos de los derechos humanos en el siglo 20. Azucena había fundado Madres. Ella y Esther junto a Mary Ponce de Bianco fueron las tres madres desaparecidas en diciembre de 1977 en el operativo de la Iglesia de la Santa Cruz, que incluyó a las monjas francesas Alice Domon, Leonie Duquet y a siete familiares más, grupo infiltrado por el marino Alfredo Astiz que se hizo pasar por hermano de un desaparecido. (Muchos cuerpos sin identificación comenzaron a aparecer más tarde en las costas de San Clemente y Santa Teresita, y fueron enterrados como NN en el cementerio de General Lavalle. En 2005 el Equipo de Antropología Forense determinó que uno de esos restos era de Azucena. Sus cenizas fueron enterradas también al pie de la Pirámide de Mayo).  

Al hablarme Hebe de su marido, le pregunté por el rol de los hombres, los padres: “Los padres tuvieron miedo, algunos acompañaron y otros no. Mi marido era un hombre que tenía mucho miedo. Encima recibíamos amenazas. Así que ellos quedaban como el resguardo de la familia sin intervenir. Pero yo no tenía miedo”.

Fotos: Lina Etchesuri para lavaca

La mesa de luz y el miedo

¿Cómo fue el trayecto de Madres? Dos indicios según Hebe: “Primero, hay que tener ideas. Y aparte, romper las bolas. Y juntarse con otros. Lo más importante es ser creativas. Yo tengo un cuaderno en la mesa de luz. Me despierto si se me ocurre algo y lo anoto para que no se me escapen las ideas. Además, lo fundamental es que uno sea dueño de su propia forma de lucha, que le dé un carácter diferente y colectivo. Nosotras de la nada salimos a enfrentar a la dictadura. Creamos una nueva forma de política y de presentarnos ante la sociedad. ¿Qué había que hacer, llorar todo el tiempo? No, lo que más te fortalece es la denuncia. Y superar el miedo”.
Fácil de decir, pero ¿cómo se supera el miedo? “Las mujeres conocemos en carne propia otro miedo, el de parir. Es un miedo no por una misma, sino por el bebé, que te obliga a moverte, hacer fuerza, pujar. Esto fue lo mismo”.

“No pensás en vos, ni en quedarte quietita, pensás que tenés que hacer fuerza para que el bebé nazca y sea sano. Pero además, se llevan a tu hijo ¿Hay algo peor, más horrible? ¿A qué le vas a tener miedo? Así que nada: hay que seguir”.

Mostrando una foto en la que se la ve en 1982 en la calle, con una canasta de mimbre (y todavía con anteojos), acorralada por caballo y policía de la Montada, Hebe comentaba: “En la canasta llevaba el pañuelo, y una bombacha por si caía presa. También llevaba cepillo de dientes, calzoncillos y remeras por si encontraba a mis hijos, para que pudieran cambiarse de ropa. Éramos ingenuas, pero nunca dejamos de buscar”.

Pese a esa ingenuidad (o gracias a ella) se estaba creando una nueva forma de hacer política y hasta comunicación: se mantuvo viva la denuncia en plena dictadura, Mundial 78, Guerra de Malvinas, leyes de perdón, indultos y tantos etcéteras convirtiendo al país en un símbolo de la posibilidad de hacer justicia, pese a todo.

Fotos: Lina Etchesuri para lavaca

La máquina de joder


A fines de los 80, queda dicho, las Madres se separaron. Asociación por un lado, Línea fundadora por otro.

En 2001 se instalaron en la plaza el 20 de diciembre cuando el gobierno de De la Rúa solo parecía reaccionar con represión y asesinatos a la crisis que él mismo había desatado. La represión a las Madres (que andaban trompeándose con los caballos de la policía y que fueron golpeadas con el entusiasmo que caracteriza a las autopercibidas «fuerzas del orden») es uno de los hechos que también simbolizaron el contenido real del gobierno -por así llamarlo- de la Alianza.

Ya en 2003 la Asociación (en cuyas marchas se cantaba La Internacional cada jueves) dio un viraje al oficialismo por primera vez en su historia, con Néstor Kirchner como presidente.

Hebe contaba a lavaca: “Me la pasé diciendo que Menem, Duhalde y Kirchner eran la misma mierda. Y después tuve que ir a decirle: «Señor presidente, me equivoqué, yo dije que usted es la misma mierda que los otros pero no: usted es totalmente distinto». Y se lo reconocí así, sinceramente. Las Madres somos muy libres para decir lo que pensamos”.

El oficialismo se extendió a Cristina pese a que Hebe había considerado al peronismo como fascista (mote que le había endilgado también a Kirchner). Pero decía en 2009: “Apoyamos a Cristina, que es una mina con mucha personalidad. Pero yo no soy peronista, ni kirchnerista ni nada de eso. Para mí el peronismo siempre fue el fascismo. Sabía que había peronistas de izquierda pero creía que los habían matado a todos. Ahora me parece que puedo apoyar un proyecto al que habrá que seguir exigiéndole. Yo no pido nada para mí. No fui a pedirle a Kirchner la radio. La puse. Y este lugar lo ocupamos hace nueve años peleando con todo el mundo. Hasta la calesita de Congreso se la arrancamos a Ibarra (Aníbal, ex intendente porteño). Primero hacemos, y después pedimos permiso. Mirá, a nuestros hijos los tiraron vivos al río, y no pudieron. Los quemaron y no pudieron. Los enterraron y no pudieron. Y no pudieron porque estamos nosotros y vamos a vencer”.
¿De qué modo? “Haciendo. Haciendo: yo me convertí en la máquina de joder”.


En 2003 fueron detenidos en General Mosconi, Salta, varios integrantes de la Unión de Trabajadores Desocupados (UTD) formada por ex trabajadores del petróleo que estuvieron entre los primeros piqueteros del país y que además de defender el trabajo, fueron pioneros también en la defensa de la naturaleza y el ambiente amenazados ya entonces por las desforestaciones para ampliar los cultivos de soja transgénica. La situación carcelaria y los abusos policiales hacia los integrantes de la UTD eran desesperantes.

Hebe dijo: “Yo si querés hablo con el diablo. Vos conseguime el teléfono”. Habló efectivamente con el gobernador Carlos Juárez (y no se sabe si con alguien más dentro del oficialismo) y eso colaboró en la liberación de los presos de Mosconi. También recuerdo en los primeros días de 2006 su llamado: “Hay gente que me viene a ver, es terrible, nadie los escucha, nadie los recibe, te pido que hables con ellos”. Se refería a los familiares de las víctimas de Cromañón, el boliche incendiado el 30 de diciembre de 2005 con un saldo de 194 muertos y al menos 1.432 heridos. En esa tragedia, como en tantas del país, los oficialismos porteño y nacional fueron mucho más gambeteadores que Toto cuando jugaba al fútbol.

Hebe fue también pionera en el reconocimiento y el abrazo al universo trans, colaborando en abrir la posibilidad de la cooperativa textil Nadia Echazú, un modo de brindar trabajo a ese colectivo. O acompañó resistencias como la de la fábrica de cerámicos Zanon en Neuquén, viajando especialmente a la provincia para acompañar la ocupación de la fábrica que finalmente pudo volver a funcionar en manos de sus trabajadores.

Fotos: Lina Etchesuri para lavaca.

Madres sin madres

¿Cómo imaginaba Hebe a la Asociación cuando ya no hubiera madres vivas? Respuesta de 2008: “La última madre que quede viva estará acá mirando lo que pasa. Y después… será de todos. Sergio (Shocklender) es el alma mater. ¿Sabés qué veo más complicado? Que sigan las rondas en la Plaza. Eso va a ser lo más difícil de conservar”. Tenía en su despacho en aquel momento fotos de Shocklender con su hijo Alejandro (“Mi hijo y mi nieto” dijo señalándolos) además de un busto del Che Guevara, pañuelo blanco y negro palestino, fotos de su hija Alejandra, de Hugo Chávez, Fidel Castro y Néstor Kirchner.

Confieso que la respuesta sobre Shocklender como «alma máter» de Madres me dio miedo, reacción que luego se vería confirmada por el desastre alrededor del proyecto de viviendas “Sueños compartidos” y los escándalos judiciales por los cuales los hermanos Sergio y Pablo Shocklender y Hebe terminaron en infinitas batallas judiciales alrededor de un dinero también desaparecido y una situación que ella definió como «traición». También llegó más tarde su amistad y apoyo público al general César Milani, sospechado, acusado y finalmente absuelto por casos de desapariciones durante la dictadura en un caso como el del soldado Alberto Agapito Ledo, absolución que los organismos de derechos humanos y la familia siguen considerando como parte del universo de la impunidad.  

Ese acercamiento al poder y al Estado fue parte de lo que ella quiso que ocurriese con Madres. Cuando le planteamos que la actitud de las organizaciones de derechos humanos frente al Estado tendría que ser, por lógica, de autonomía, ella respondió: “Pero por eso mismo siempre dije que no somos un organismo de derechos humanos, sino una organización política sin partido. Eso nos da libertad. Por eso no vamos a los juicios ni nada de eso. Que lo hagan los abogados. Entre concentrarme en meter presos a los militares, o en evitar que un solo chico tenga hambre, no dudo: salvo al chico”. Otro argumento: «Es «mucho más preocupante que un pibe se prostituya, que si sueltan a Etchecolatz o lo condenan. Me importa un culo eso» decía entonces en referencia a Miguel Etchecolatz, ex comisario de la bonaerense y mano de obra barata del general Ramón Camps en tiempos de la dictadura.
Pero a la vez razonaba Hebe: “Nosotras no estamos en el Estado, y nunca vamos a dejar la plaza ni la calle. La lucha es desde afuera agrupándonos y haciéndonos fuertes. Eso te da libertad. Los que se meten en el Estado terminan entrando en la lógica del sistema que queremos combatir”.

La cuestión social la ponía en una sintonía totalmente diferente y era lo que le justificaba haberse lanzado incluso a la construcción de viviendas populares. Contó una vez que había llorado al escuchar a una mujer que le reconoció que robaba, y que le había enseñado a sus hijos a robar. “Me dijo: ‘ahora no robo, porque trabajo para hacer las casas’. ¿Sabés qué? Estas personas ya no sabían lo que era la belleza. La belleza de un color, de las plantas. Tenemos que salir de toda esa mierda. Una chiquita de 11 años me contó que fumaba paco desde los 9, y la mamá también. Como la madre trabaja, ella volvió a estudiar, y no fuman más. Está aprendiendo danza árabe. Si lo que hacemos vale para eso, es un montón”.

Un relato sobre sus miedos: “Para mí la democracia es igualdad. Y mientras yo pase por una esquina y vea a los pibes comiendo las basuras que tiran de una casa o un restaurante, para mí la democracia no sirve para una mierda. ¿Vos sabés que yo a los chicos de la calle, a los cartoneros, no les pregunto nada nunca? Pero no porque no me animo, sino porque le tengo miedo a la respuesta”.

¿Qué imagina? “Qué sé yo. A veces, a la noche, pasaba y los saludaba. La gente los esquiva, esconden la cartera. Pero los cartoneros son más buenos que nosotros. Entonces les decía: ‘qué tal, buenas noches’. Y uno un día me dijo: ‘buenas noches para usted que va a dormir en una cama, para mí no, porque me voy a cagar de frío’. Me quedé dura. Por eso nunca les pregunto nada. Le tengo miedo a la respuesta”.

En uno de esos intercambios en su oficina, de pronto se escucharon voces y risas desde la cocina. Allí estaban las otras madres. Siempre se podrá hablar de su valor, de su capacidad de movilización, de su creatividad.

Pero aquella vez Hebe me señaló otra cosa, que hoy recuerdo mirando el césped donde están sus cenizas, rodeadas de gente inorgánica y falta de experiencia, de drones, de banderas, de algunos funcionarios y de enigmas que llevará muchos jueves revelar.    

“¿Sabés qué fue lo que nos mantuvo fuertes siempre? Eso que escuchás: la alegría. Pese a los crímenes y pese al miedo y pese a todo. La alegría. Si no, te morís”.

Fotos: Lina Etchesuri para lavaca.
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